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Hommes fous ? Vaches folles... (Moussa Nabati)

La nourriture et la sexualité, en tant que moyens indispensables à la conservation et au prolongement de la vie, mais aussi en tant que sources de plaisirs et de jouissances, sont devenues des risques mortifères et menaçants.
La maladie de la “vache folle” et l’épidémie du Sida en sont les manifestations éclatantes. Il a suffi de peu de temps pour que le bœuf, vieux totem emblématique de la puissance tranquille, symbole de la prospérité et de l’abondance, réservoir de force et de santé
(“Le bœuf, quel punch !” vantait la publicité), se transforme en une bête immonde, pestiférée, maudite, diabolisée et malfaisante à abattre et à incinérer par millions, d’urgence.
Finis les steaks saignants, la viande rouge reconstituante, le ris de veau, l’andouillette et surtout les tripes à la mode de Caen !


Mais, pourquoi cette inversion ?

Pourquoi la sexualité et la nourriture se transforment-elles en poisons mortels alors que, par définition, elles sont les principaux supports de la vie et de son prolongement ?
Le respect des différences ne constitue nullement une injonction éthique, ni une prescription morale, et encore moins un luxe dans le but d'enjoliver et de parfaire la relation et l'échange. Il représente une loi fondatrice, une nécessité vitale régissant tout phénomène vivant. La vie, quel que soit le support de son émanation, biologique ou psychologique, s'origine pour sa genèse, son épanouissement et sa perpétuation, dans le principe essentiel du respect des disparités et des dissemblances : La prohibition du cannibalisme interdit de se nourrir de ses semblables, celle de l'inceste et de l'homosexualité exhorte l'union avec l'autre sexe, qui de plus, est étranger, extérieur à la consanguinité familiale. A l'inverse, tout manquement à cette loi incontournable se traduira par la régression vers l'homogénéité et le démantèlement psychologique ou biologique irréparable. Nous vivons, en cette fin de siècle, dans un monde angoissé/angoissant, insécurisé/insécurisant, paradoxalement malgré ou à cause d'une multitude de systèmes de prises en charge, de protections, de garanties et d'assistances contre tous les dangers et aléas de l'existence.

On nous fait avaler de la vache

Nous étions naïvement persuadés de consommer du bœuf, et voilà qu'on nous faisait avaler de la vache, trompant ainsi notre confiance. Nous avions sagement appris dans nos vieux livres de "sciences nat" à classer ces bêtes parmi les herbivores ruminants et voilà que nous découvrons avec stupéfaction qu'elles étaient nourries par des farines à base de carcasses animales. "Les vaches folles" ne sont en réalité que des boucs-émissaires innocents. Elles sont les victimes de la folie des humains bafouant la différence des sexes et la séparation des catégories et des genres. Elles incarnent notre voracité polyphage, notre avidité omnivore de production et de rentabilité à tous crins, notre refus aveugle d'intégrer les limites, les frontières et les distances. Ce genre de "vacheries", sous le masque fallacieux de progrès, témoigne de notre arrogance, de notre fatuité cynique qui, bravant la loi des spécificités et des dissemblances, nous plonge dans le marécage de l'indifférenciation et du mélange. Étrange paradoxe : la culture de consommation fait d'un côté l'apologie de la différence, au moment même où pratiquement toutes les particularités et singularités s'homogénéisent et s'uniformisent universellement : les sexes, les générations, les pays, les logements, les vêtements, les voitures, les aliments, les philosophies, les attitudes, les goûts, les désirs, etc…

Un virus sournois

De même, l'intolérance, sous forme de sectes, de fanatismes religieux, et d'extrémismes politiques, pullulent au moment même où l'idée de la tolérance et de la liberté des croyances, jouit d'un succès médiatique et publicitaire sans précédent. Quelquefois, la fonction du discours consiste à camoufler, à travestir une vérité dérangeante en la présentant sous une forme inversée par un maquillage alléchant. C'est la raison pour laquelle la propagation dithyrambique de la notion d'intégration dans le discours social actuel sert en réalité d'exutoire et de paravent afin de masquer une désintégration/exclusion réelle et profonde affectant comme un virus sournois la quasi-totalité des liens : L'éclatement de la famille, les divorces entre l'homme et la femme, rupture entre les générations, l'isolement des "vieux", les licenciements, le chômage, la solitude, la xénophobie, la marginalisation, la paupérisation, etc… Lorsqu'on encense trop une valeur (tendresse, dialogue, rencontre, tolérance, solidarité, convivialité, communication, etc…) c'est qu'on cherche à compenser par des mots sa pénurie et sa raréfaction de fait, son nid creux.

Transgression de l'interdit

Question : Savez-vous pourquoi le tambour fait tant de bruit ? Réponse : Parce qu'il est vide ! Le phénomène le plus instructif dans le socio-drame de la "vache folle" c'est que l'étrange agent infectieux responsable de l'épidémie, baptisé prion, ni bactérie, ni virus et ni parasite conventionnel, semble d'après les chercheurs appartenir à la même famille que celui étant à l'origine de deux autres syndromes neurodégénératifs épidémiques graves : Le Kuru et la maladie de Creutzfeld-Jacob. Le premier a été découvert il y a environ 50 ans chez une peuplade cannibale de la Nouvelle Guinée qui avait pour coutume de consommer le cerveau des morts, dans le but de s'approprier ses facultés mentales et ses vertus. Bel exemple du recyclage par la récupération pour s'opposer à la perte et à la mort ! Le Kuru devait progressivement céder avec l'abandon de ces pratiques cannibales. En second lieu, la maladie de Creutzfeld-Jacob a contaminé plusieurs dizaines d'enfants, traités pour nanisme par une hormone de croissance extraite de l'hypophyse des cadavres humains. Ces trois épidémies, la "vache folle", le Kuru et le Creutzfeld-Jacob, propagées par le même mystérieux prion sont toutes les trois les conséquences de la transgression de l'interdit du cannibalisme. Leur point commun réside dans le même refus de respecter les séparations. Qu'il s'agisse de l'homme ou de l'animal, celui qui se nourrit de ses semblables finit par se dévorer lui-même, par être à son tour dévoré.

" Je vous livre tout "

Mais, je n'ai nullement l'intention de m'ériger ici en moraliste des mœurs, en diététicien, en vétérinaire ou en médecin. Mon propos ne sera pas non plus, glissant sur la pente facile de l'amalgame, de faire l'apologie de la nourriture végétarienne, qui lorsqu'elle est pratiquée de façon trop rigide et dogmatique chavire dans l'hérésie inverse. Si d'un côté il s'agit de nier la spécificité des bêtes herbivores et ruminantes en les convertissant en animaux cannibales, de l'autre côté il s'agit, par le biais du végétarisme pur et dur, de transformer l'homme polyphage et omnivore en herbivore animal. Certains gourous de mauvaise foi citent souvent pour argumenter leur credo le verset 29 du chapitre premier de la Bible où Dieu dit : " Voici, je vous donne toute l'herbe portant de la semence et qui est à la surface de toute la terre, et tout arbre ayant en lui du fruit d'arbre et portant de la semence : il sera votre nourriture ". Mais ils "oublient" tendancieusement de mentionner les versets 2 et 3 du chapitre 9 de la Bible où Dieu déclare à Noé : " Que votre crainte et votre terreur soient sur tous les animaux de la terre et sur tous les oiseaux du ciel, tous les êtres dont fourmillent le sol, tous les poissons de la mer, sont livrés en vos mains. Tout ce qui se meut et qui vit, servira à votre nourriture, de même que les végétaux, je vous livre tout ".

La séparation et la dissemblance

Mon ambition est bien plus restreinte : soutenir l'hypothèse selon laquelle aucune vie, ni aucune rencontre n'est possible sans la reconnaissance de la loi des spécificités et des différences, et qu'à l'inverse, la confusion et le mélange, c'est-à-dire la régression vers l'homogénéité indifférenciante, s'avère comme étant le virus le plus ravageant. Prenons quelques exemples puisés dans la culture moderne où l'on peut détecter cette infection ainsi que ses conséquences. L'homosexualité : L'une des causes importantes de la propagation de l'épidémie du Sida (infection connue depuis longtemps chez les singes et transmise récemment aux humains, allez savoir comment et pourquoi) provient de la pratique de la sodomie. Évidemment, l'homosexualité a partout et de tout temps existé. Seulement, dans le passé, son usage était singulièrement limité. Elle était d'abord moralement considérée comme une anomalie, une dépravation, une monstruosité. Ensuite, elle était sévèrement réprimée et punie par la loi. Enfin, l'inexistence des moyens rapides et commodes de déplacements, ainsi que la complexité de recrutement des partenaires multiples servaient de frein à son expansion galopante. Par contre, de nos jours l'homosexualité ne constitue plus un délit, n'est plus entourée de culpabilité. Un seul individu pourrait "consommer" d'innombrables partenaires à travers le monde entier. Mais, surtout elle n'est plus perçue par ses zélateurs comme une perversion, mais comme une "différence" légitime à respecter, sous peine de l'anathème de l'intolérance, de l'obscurantisme rétrograde et réactionnaire. La "Folie" du Sida s'explique probablement par le même schéma, contient le même sens que la "folie des vaches", le Kuru et la maladie de Creutzfeld-Jacob. Toutes ces catastrophes inutiles, toutes ces victoires du Thanathos s'originent dans la transgression par les humains de la loi fondatrice de la séparation et de la dissemblance.

Rejet de la castration et du manque

En réalité, l'homosexualité s'enracine précisément dans le déni de la différence des sexes, dans la confusion du masculin et du féminin. Il s'agit d'un "cannibalisme sexuel" où le partenaire à "consommer" n'est pas l'autre, l'étranger, le différent, mais le semblable, l'alter-égo, soi-même, son homologue, son homogène, son double, son jumeau, son propre reflet dans le miroir. Cette pratique est une fausse différence, preuve d'une profonde intolérance, malgré les apparences, puisqu'elle est fondée sur le désaveu, l'expulsion, l'exclusion d'une vraie et incontestable différence qui est celle des sexes, mélangés, non séparés dans l'inconscient. De plus, elle est établie sur le rejet de la castration et du manque, à savoir l'inscription irréversible dans l'ordre sexuel masculin ou féminin, non androgyne, inamovible et non interchangeable. A l'heure actuelle, certaines célébrités, pour se démarquer du "conformisme sexuel"- entendez par là l'hétérosexualité - déclarent, sans pudeur et sans retenue, leur engouement pour la mode "bi". Elles avouent ouvertement pratiquer la bisexualité c'est-à-dire naviguer "à voile et à vapeur", en aimant indifféremment les hommes et les femmes. Nous pourrions utiliser cet argument en ce qui concerne de nombreuses autres perversions ; certaines socialement banalisées à outrance et d'autres pour l'instant (mais pour combien de temps encore ?) clandestines et coupables. Dans l'inceste, le parent chute dans la négation de la différence des générations, confond le dehors (l'exogamie) et le dedans (l'endogamie). De plus, il cumule en son sein, les deux fonctions opposées et antinomiques de géniteur et d'amant, tout en amalgamant au niveau de sa progéniture les deux statuts contradictoires de l'objet sexuel et de l'enfant. De même, la pédophilie se caractérise par le déni de la barrière des âges et des générations ; la zoophilie par la confusion de deux ordres animal et humain et enfin la nécrophilie, où la jouissance sexuelle est recherchée sur des dépouilles humaines, par l'effacement de la démarcation entre l'être vivant et le cadavre. Toutes ces pathologies, en apparence dissemblables, sont structurellement identiques, étant toutes basées sur l'abolition des distances, sur l'homogénéité indifférenciante. Dès lors, comment serait-il possible de légitimer en la valorisant l'une d'entre elles (l'homosexualité), au nom de la sacro-sainte liberté des mœurs, tout en continuant à diaboliser les autres qui sont exactement de la même nature et de la même essence ? Comment serait-il logiquement concevable de combattre à juste titre le racisme et l'antisémitisme caractérisés par la haine et le bannissement de l'étranger, de l'autre comme autre, du différent, ainsi que par l'adoration du semblable, tout en louant l'homosexualité, figure réalisée de la "xénophobie sexuelle" par excellence ? Cela paraîtrait injuste, incohérent, absurde, insoutenable intellectuellement. En ce qui concerne le don d'organes, chacun est persuadé aujourd'hui que cela constitue un acte noble, altruiste et charitable, dans ce sens qu'il peut aider à prolonger une vie, qui autrement, risquerait de s'éteindre. Ce genre de bricolages, même s'ils étaient parfaitement réglementés afin de prévenir les abus et les trafics mercantiles, ainsi que tous les éventuels dérapages, loin de refléter un progrès éthique, représentent au contraire, une régression psychologique remarquable. En effet, ils mettent en cause le principe de la différence comme étant la colonne vertébrale du psychisme humain. En outre, ils exaltent l'éternel fantasme de l'immortalité et de pérennité qui sommeille en chacun ; fantasme qu'il faudrait paradoxalement sacrifier pour que vivre soit un tantinet envisageable.

"Si tu m'aimes… soit moi !"

Un homme survivant avec la rate d'un défunt, dans quel ordre s'inscrit-il, celui des vivants ou celui des morts ? Une femme survivant grâce à un foie de babouin est-elle humaine ou animale ? Un enfant sauvé grâce à un rein de sa grand-mère est-il adulte ou encore enfant ? Ainsi, les différences fondatrices sombrent dans la confusion, l'hybridité et le mélange. On ne sait plus désormais qui est qui : jeune, vieux, femme, homme, mort, animal ou vivant ! En définitive, ces pratiques signent, d'une façon déguisée et sournoise, une régression psychologique à l'ordre cannibale barbare, puisqu'il s'agit de dévorer ses congénères, de s'approprier une partie du corps de ses semblables afin de prolonger sa propre vie et occulter sa fin. Cette idée est valable en ce qui concerne le don du sperme et la procréation in vitro. Récemment en Italie et en Angleterre, des femmes sexagénaires ont pu accoucher d'enfants, des jumeaux pour l'une d'entre-elles. Périodiquement, certaines lesbiennes revendiquent le droit de concevoir artificiellement, sans rapport sexuel, ni trace paternelle, pour elles inconcevables. Dernièrement, une veuve exigeait d'être fécondée par le sperme congelé du vivant de son mari défunt. On n'arrête pas le progrès… dans la régression. Il sera bientôt banal et légal qu'une grand-mère puisse servir, pendant les 9 mois de gestation, de lieu de garderie, de dépôt ou de consigne, à l'embryon de sa propre fille voulant à tout prix un bébé. Alors dans ces conditions, qui sera la mère ? Qui sera la grand-mère ? De qui sera l'enfant ? Qui sera le père ? Qui sera le gendre ? Et puis que deviendront, plus tard, tous ces enfants follement désirés, mais sans racine et sans filiation précise, enfants de tous et de personne, victimes de la mégalomanie des grands confondant les personnes et les générations, mélangeant les fonctions, les branches et les ascendants. La loi des différences comme pivot de la genèse et du prolongement de la vie, comme bouclier contre le Thanatos, apparaît, par conséquent, comme le principe suprême régissant la vie humaine et animale, biologique et psychologique. C'est la raison pour laquelle toutes les pathologies de la personnalité, de la plus bénigne à la plus grave, prennent leur point de départ dans la violation de la loi des séparations/distinctions, dans l'ambiguïté des sexes, des générations, des fonctions, des places, des catégories, des désirs, et des rangs.

L'absence de limites

Évoquons brièvement la psychose schizophrénique, affection mentale par excellence. L'origine de cette maladie est invariablement la même. Elle apparaît toujours en raison de l'impossibilité foncière de la mise en place du triangle symbolique père-mère-enfant. La défaillance majeure renvoie à l'absence de la fonction paternelle comme instance différenciante. L'enfant végète-à-rien dans une toile d'araignée, dans une grossesse extra-utérine interminable, dans une fusion avec l'un des parents qui l'absorbe de façon cannibale, en excluant l'autre parent dans sa fonction de tiers et de médiation séparante. Le schizophrène est un enfant pas-né, sans identité, sans corps, sans désir et sans destin propre parce que non séparé, non limité, non différencié/différent. Il est, lui aussi, victime de la folie inconsciente du parent refusant la séparation psychologique et déniant le manque. D'ailleurs, toute velléité de l'enfant à couper le cordon ombilical, à s'envoler de ses propres ailes, à s'autonomiser, à mettre fin à la surprotection familiale, sera avortée par le parent qui a besoin de son petit en tant qu'appendice ou complément. Étrangement, en dépit de la diversité de ses symptômes apparents, le schizophrène souffre toujours de la même faille, fente ou béance : la confusion, l'absence de limites et de barrières structurantes. En effet, confondant l'extérieur et l'intérieur, le rêve et la réalité, le dehors et le dedans, il est incapable de reconnaître ses sentiments et fantasmes intérieurs comme étant les siens propres. Il est profondément convaincu, au sein d'une construction persécutive délirante, qu'il entend réellement des voix, qu'il voit vraiment des personnages, qu'il est poursuivi par Satan, que tout le monde se moque de lui et devine ses pensées comme s'il était perméable et transparent. Le schizophrène est plus parlé qu'il ne parle. Il est plus agi qu'il n'agit, manipulé comme un automate à distance par le Bon Dieu ou le Diable. En outre, l'absence de barrière sécurisante entre son corps propre et l'environnement fait qu'il peut se prendre pour une plante, un animal ou un héros du petit écran. Il est tout et tout est lui, dans une nébulosité vaporeuse, sans écart et sans distance. Enfin, méconnaissant sa place précise dans l'ordre de la filiation, des sexes et des générations, il est incapable de s'inscrire dans une identité humaine et sexuelle précise et de sacrifier son fantasme d'immortalité divine en acceptant la finitude et la succession des étapes de la vie.

Confusion dans le couple

En ce qui concerne la relation de couple, la quasi- totalité des conflits et divorces découle de deux sources de confusion et de méprises principales. La première est relative au fantasme de "mêmeté" et d'équivalence entre le masculin et le féminin. Beaucoup d'hommes et de femmes brisent leur alliance parce qu'il leur est difficile de reconnaître et d'assumer l'étrangeté de leur conjoint. Ils exigent de l'autre sexe qu'il vive, pense, sente et agisse non pas d'une manière personnelle mais de la même façon que soi, calquée sur ses propres valeurs et schémas. Alors ces couples ne se comprennent pas, ne s'entendent pas, au sens figuré et littéral. Ils gaspillent leur énergie à se disputer, à accuser l'autre, à le désigner comme étant le seul fautif et responsable. Ce refus de la singularité de l'autre comme autre, cet acharnement à vouloir faire ressembler le conjoint à sa propre image, trahit la méconnaissance de la différence entre le masculin et le féminin.

Mésententes et ruptures conjugales

En effet, l'homme et la femme sont comme deux étrangers en face à face. Bien que parlant la même langue, ils ne parlent pas le même langage. Le corps, l'amour, la sexualité, le travail, l'argent, la mort, etc… ne les mobilisent pas de façon semblable, n'éveillent pas en eux les mêmes sentiments et émois. La parité entre les sexes n'est qu'une illusion, un leurre, aussi dangereux que malsain. Le second facteur des mésententes et des ruptures conjugales concerne la non-séparation entre la réalité quotidienne et le fantasme. La majorité des couples qui divorcent se recrute parmi ceux qui ont été déçus de leur couple et de leur conjoint. Ce désenchantement ne s'explique pas par les défauts objectifs de l'un ou de l'autre, il provient surtout du décalage grandissant entre la réalité et l'idéal. La rencontre et l'union ont été basées sur des passions, des coups de foudre, l'espérance fictive et l'illusion régressive de la fusion. Il s'agit des hommes et des femmes qui ont trop misé sur leur couple, l'ont investi de façon utopique, imaginaire, en attendaient tout et trop. Ils sont dominés par la chimère d'une harmonie totale réellement possible, d'une entente parfaite, d'une paix paradisiaque, d'un bonheur et d'une jouissance intarissable, d'une compréhension et communication limpide et sans obstacle. Ils croyaient pouvoir réparer leur manque à être, connaître magiquement l'extase, éloigner à jamais le vide, l'ennui et le cafard. Dans un tel contexte, la réalité quotidienne, quelle qu'elle soit, ne pourra paraître qu'insatisfaisante, insignifiante et fade. Alors ils se séparent l'un de l'autre pour ne pas se séparer psychiquement de l'image idéale du couple et du conjoint, pour ne pas faire le deuil d'un rêve enfantin, habité par le prince, la princesse, la Reine et le Roi. Malheureusement, l'idéologie moderne loin d'aider le couple à prendre conscience et à assumer la spécificité de chacun ainsi qu'à départager la réalité et l'idéal, œuvre à l'inverse à brouiller les repères, à confondre les rôles et les fonctions de l'homme et de la femme, du père et de la mère, en les rendant réversibles et interchangeables. Curieusement, ce genre de promiscuité et de mixage, loin de faciliter la rencontre et de solidifier l'alliance, rend l'altérité altérable et la coexistence aléatoire. Aucune rencontre ni lien ne seraient possibles sans un minimum de distance et d'écart. Un pont relie les deux rives parce que d'abord il les sépare.
La régression collective

Un mot pour conclure :
Évidemment sur le plan manifeste, il serait absurde de mettre tous ces phénomènes dans le même sac. En apparence la maladie de "la vache folle" n'a rien à voir avec l'homosexualité, ni avec la schizophrénie, ou le divorce ou l'insémination artificielle ou le don d'organes. Dans un cas il s'agit d'une épidémie biologique, dans les autres, d'une affection mentale, d'une problématique culturelle et enfin d'un malaise psychosociologique concernant la relation entre l'homme et la femme, etc… Mais toutes ces vicissitudes s'originent, au niveau de leur structure et de leur sens souterrain, dans la violation de la loi des spécificités, des séparations et des différences. Elles renvoient toutes à la même régression collective vers l'indifférenciation, la confusion, l'hybridité et le mélange
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