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POURQUOI MA MÉTHODE S'APPELLE TANGO RELATIONNEL ?

Un tanguero me demandait récemment pourquoi mes stages s’appelaient Tango-Relationnel : 

- « C’est quand même, du Tango Argentin, ton truc ? »
 

Cette question fut le point de départ d’une réflexion, qui m’a renvoyée à mes premiers contacts avec
le 
tango…

J’ai eu la chance de faire mes premiers pas, dans un lieu incroyable de Buenos-Aires qui, 22 ans
après, existe toujours : Le studio Dinzel !
 

Minuscule par la taille : deux pièces  de quinze mètres carré donnant sur un patio; mais immense 
par l’impact qu’il a sur la vie des danseurs et professeurs du monde entier, qui le fréquentent.

C’est un lieu d’apprentissage du tango avec un fonctionnement particulier :
Il n’y a pas de groupe de niveau, les débutants dansent avec des danseurs de scène.
Le professeur est assis, car il n’est jamais question de l’imiter.
On y boit, on y mange, on y discute et l’on y danse, tous les jours de 11h à 17h.

De ce lieu, est sortie la moitié des stars du tango argentin qui parcourent le monde aujourd’hui
 

Ma rencontre avec le « Maestro » Rodolfo Dinzel a orienté fondamentalement mon chemin dans
l’univers du tango. Vous allez comprendre pourquoi …       
 

J’avais mis la barre haute !

Pensant être sur place pour seulement quelques jours, je me doutais bien qu’il me serait impossible  
d’apprendre toutes les figures.
En conséquence je lui demandais de me donner un cours particulier pour me transmettrel’essence
du tango
. Rien que çà !                                  
Imaginez le casse-tête pour un professeur : une heure pour planter dans le corps d’une Française,
sans aucune prédisposition particulière, les graines qui feront d’elle une danseuse de tango… 
 

Il fallait que la folie de l’artiste s’allie au génie du pédagogue pour que le défi soit relevé. Il fallait
aussi que la débutante que j’étais ne s’affole pas et dispose de suffisamment d’ouverture d’esprit
pour accepter que le cours prenne la tournure qu’il a prise…

Le maestro démarra ainsi : « Pour une Européenne le plus compliqué c’est l’Abrazo. Il ne faut pas
confondre, se donner et s’abandonner. Autrement dit il est important de s’offrir dans le lien
sans se perdre ».

J’étais en accord avec l’intitulé de la proposition, cependant le premier exercice qu’il me proposa me
parut peu académique :

« Voici Léo, qui va te faire sentir la différence ! »


« Pendant la durée d’un tango, Léo va écarter ses jambes, poser ses mains contre ce mur, et rester
immobile face au mur, un peu comme si la police venait de l’arrêter, et toi tu pourras le toucher où
tu veux, ensuite ce sera à ton tour de rester immobile dans cette position et Léo te touchera où il
veut pendant les trois minutes d’un autre tango. »

Aux premières notes de musique, mon mental était affolé :
C’est quoi ce plan ?
Quel est le rapport avec le tango ?
C’est humiliant si je lui touche les fesses !
Je lui fais des chatouilles ou je la joue sensuelle ?
J’évite les parties génitales, et j’espère que lui aussi va rester correct !
Faut suivre la musique ou pas ?
Trois minutes plus tard, c’était à mon tour de me soumettre à l’immobilité, pour recevoir le toucher
du jeune homme qui alternait avec la musique ses caresses, grattages, et autres massages.

Une fois ce premier exercice terminé, je mesurais à quel point j’avais été incapable de me détendre  
et comme cette situation me paraissait gênante, et impudique.

Mais j’avais payé une heure de cours et il restait encore cinquante minutes.

« Pendant le prochain tango, vous resterez tous les deux immobiles, mais face à face et enlacés
comme si vous étiez deux amis qui se retrouvent. »

Trois minutes sans bouger dans les bras d’un inconnu, c’était nouveau pour moi.
Je tentais de fuir l’intimité en balançant un peu comme dans un slow, mais mon cavalier me priva
decette échappatoire en freinant tout mouvement.
Je finis par me tenir tranquille en plongeant dans son cou, profitant alors de sa délicate eau de
toilette.
Je ne savais pas lequel des deux exercice m’avait mis le plus mal à l’aise. Toucher et se faire
toucher ou la proximité dans l’immobilité ?

L’apprentissage des figures se fit bien plus tard. Car c’est par l’acceptation de la présence de
l’autre, de son toucher, et par le rien à faire, juste à être, que je suis née au tango.

Avec le temps, j’ai compris qu’il est fondamental de sentir que le tango sculpte d’abord
l’intimité relationnelle 
et qu’il est  indispensable de préparer les corps et les esprits à cette
intimité
 

Bien souvent j’observe l’inverse : les mouvements des danseurs ne sont pas l’expression de cette    
intimité mais plutôt une échappatoire pour ne pas sentir la réalité du lien.

Eva Wagner


 

                    

 

                                                             

 

                                                                      

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